L’énergie nucléaire n’est pas nécessaire à notre sécurité d’approvisionnement

La lumière restera allumée, même sans énergie nucléaire

Avons-nous besoin de Doel 1 et de Doel 2 pour allumer la lumière dans nos maisons ? Une analyse de la CREG, le régulateur du marché de l’énergie, nous apprend que la crainte d’un black-out en raison de la mise à l’arrêt de Doel 3 et Tihange 2 au cours de l’hiver 2014-2015 n’était absolument pas fondée. Pour l’hiver 2015-2016, le régulateur ne s’attend pas à plus de problèmes. Si les réacteurs microfissurés de Doel 3 et de Tihange 2 redémarrent, nous serons même face à une surcapacité. Un rapport d’ELIA, publié peu après la décision définitive de prolonger Doel 1 et Doel 2, le confirme. L’argument du Gouvernement – l’obligation de prolonger Doel 1 et Doel 2 pour assurer notre approvisionnement en électricité – ne tient donc pas debout. Mais dans le même temps, nous minons tout nouvel investissement dans la production d’électricité en créant une incertitude durable sur la sortie du nucléaire, affirme la CREG.

Les centrales nucléaires belges sont constamment à l’arrêt

Les centrales nucléaires belges font partie des moins disponibles au monde. C’est ce qui ressort du classement annuel de l’AIEA, le chien de garde international de l’énergie nucléaire. Ce classement est basé sur le « Unplanned Capability Loss-factor », c’est-à-dire la durée d’arrêt des centrales nucléaires en raison d’événements imprévus. Cet indicateur internationalement reconnu donne une très bonne vision de la fiabilité d’une centrale nucléaire.

En 2014, les centrales nucléaires belges sont restées à l’arrêt de manière imprévue 29 % du temps. Dans le monde, les centrales nucléaires s’arrêtent de manière imprévue en moyenne 3 % du temps. Au cours de la période 2012-2014, les centrales nucléaires belges ont obtenu le pire score sur l’ensemble des pays avec un facteur de 20,5 %. En d’autres termes, il est incontestable que l’énergie nucléaire en Belgique n’est pas aujourd’hui une source d’énergie sûre et fiable.

La mise hors service de Doel 3 et de Tihange 2 en raison de microfissures supposées dans la cuve des réacteurs est l’une des raisons pour lesquelles nous ne pouvons pas compter sur nos centrales nucléaires. Mais nos centrales connaissent de nombreux autres problèmes. Au cours des dernières années, mentionnons le sabotage de Doel 4 (qui n’a pas encore été éclairci à ce jour), un incendie dans le transformateur de Doel, un joint de soudure défectueux à Doel 3, un alternateur défaillant…