L’énergie nucléaire n’offre pas de réponse au réchauffement climatique

> Tout ce qui suit est bien résumé dans l’infographie suivante

Pas le temps

Actuellement, les centrales nucléaires produisent seulement 2 % de l’énergie consommée mondialement, et 10,8 % de l’électricité. Pour faire baisser de seulement 4 % les émissions de CO2 dans le monde d’ici 2050, le nombre de centrales nucléaires devrait doubler. Cela signifie qu’un nouveau réacteur nucléaire devrait être construit toutes les deux semaines au cours des 35 prochaines années.

C’est irréaliste. Il faut en moyenne 10 ans pour construire un réacteur nucléaire. Nous ne disposons pas de ce temps : les émissions de gaz à effet de serre doivent baisser de 40 à 70 % d’ici 2050 pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C. En outre, les coûts de l’énergie nucléaire ne cessent d’augmenter, alors que l’énergie renouvelable devient chaque année moins chère. On peut donc exclure une grande accélération de la construction des centrales nucléaires.

Cette approche est efficace

En Belgique aussi, il est possible de fermer les centrales nucléaires et de réduire en même temps les émissions de CO2. Il est parfaitement possible de remplacer la part d’énergie nucléaire par de l’énergie renouvelable : les quatre clefs pour garantir notre approvisionnement en électricité chaque heure de l’année sont 1) les économies d’énergie, 2) une demande flexible, 3) le stockage énergétique et 4) une plus grande interconnexion avec l’étranger.

La production d’électricité ne représente dans notre pays que 20 % des émissions totales de CO2. Les transports, les bâtiments, l’industrie et l’agriculture se taillent la part du lion. Il existe encore dans ces secteurs un potentiel énorme de réduction des émissions belges de CO2. Économiser l’énergie est ici la clef.

L’énergie nucléaire n’est pas inépuisable

L’uranium, le combustible utilisé pour le processus de fission dans les réacteurs nucléaires est (comme tous les combustibles fossiles) une source d’énergie limitée. Si toute l’électricité mondiale devait être produite via l’énergie nucléaire, les réserves d’uranium que nous sommes économiquement capables d’exploiter seraient épuisées en deux ou trois ans. L’exploitation, le traitement et le transport de l’uranium s’accompagnent en outre d’importantes émissions de CO2.

Nous sommes de plus dépendants de l’étranger pour notre approvisionnement en uranium. L’exploitation de l’uranium cause également de gros problèmes : elle pollue sérieusement l’environnement et crée littéralement des montagnes de déchets radioactifs, sans oublier une violation systématique des droits de l’homme.

Opter pour des sources d’énergie 100 % renouvelable est la seule option pour apporter une réponse à long terme aux changements climatiques.

L’énergie nucléaire est fragile face aux conséquences prévisibles des changements climatiques

La source d’énergie supposée, selon certains, nous sauver du réchauffement climatique ne résiste même pas aux températures élevées. Lors d’une vague de chaleur en 2009, la France a été obligée de mettre hors-service quelques centrales nucléaires car l’eau de la rivière utilisée pour le refroidissement des centrales était devenue trop chaude.

En Belgique aussi, le refroidissement des centrales de Tihange et de Doel pose problème lorsque la température de l’eau de rivière augmente trop. Cela risque de causer de nombreux problèmes vu que des recherches prédisent un plus grand risque de vagues de chaleur dans nos contrées. En Belgique, en 2050, une forte vague de chaleur pourrait se produire un été sur deux.